Utile ?

Une réflexion sur "l'utilité" ...


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« Don’t live the same year 75 times and call it a life»

 « Librement traduit : Voulez-vous vivre votre vie en vivant 75 fois le même type d’année ? »

R. Sharma

 

Durant la semaine qui vient de s’écouler, j’ai accompagné professionnellement trois personnes en proie à d’importantes difficultés à trouver leur/une voie professionnelle malgré une importante surqualification, à cause d’une perception de décalage entre le marché du travail et ce que la personne peut offrir ou, pour une troisième personne, parce que la situation a fortement évolué depuis son engagement rendant obsolète une bonne partie de ses compétences.


La question sous-jacente, révélée dans ces situations, concernait « leur utilité », ce qu’elles pouvaient offrir, le service qu’elles pouvaient rendre, etc.. Ces personnes avaient tendance à s’agiter, à reproduire sans cesse les mêmes actions liées aux mêmes pensées, sans s’interroger réellement sur l’utilité de leur démarche ou sur leur propre utilité (ce qu’elles pouvaient offrir comme service aux entreprises, organisations ou autres collectivités).


Dans ce billet je m’attarderai donc un peu sur cette notion de « l’utilité », en l’élargissant un peu hors de la pure problématique rencontrée dans ces échanges.

 

Vous êtes-vous déjà posé l’une ou l’autre des questions suivantes ou avez-vous été confronté à l’une ou l’autre de ces situations ?

  • Si la notion de service est importante pour vous, vous êtes-vous déjà « perdu » dans ces services aux autres, obsédé par la « nécessité » de vous rendre « utile » ? Avez-vous parfois l’impression de « ne servir à rien » ?
  • Sur le plan professionnel, familial et/ou personnel, remettez-vous en cause l’utilité de certaines habitudes ou croyances ? De la valeur ajoutée qu’elles amènent pour vous et autour de vous ?
  • Dans notre société du savoir, êtes-vous conscient de l’ « utilité » ou de la « non-utilité » que peuvent avoir pour vous l’abondance d’informations et de stimulations auxquelles vous avez à faire face au quotidien ?

 

Il me semble que nous n’avions pas à devoir gérer ce type de questions/défis il y a quelques années. Cependant l’évolution de notre monde, la complexité accrue et l’abondance d’informations nous défie, à mes yeux, de la manière suivante : pour suivre notre route mouvementée sans se perdre, le mécanisme purement rationnel développé par notre société et que nous avons appris ne suffit plus. Il doit être complété par notre 2ème cerveau : notre ressenti, nos tripes[1] qui nous guident, nous donnent d’autres informations pour évaluer « l’utilité » d’une situation/d’un choix pour nous ou pour le service d’autrui ; avec toute la bienveillance nécessaire et bien au-delà des excès tant d’hyper-rationalité que d’hyper-émotivité.

 

Je vous propose ci-après une troisième voie qui englobe la raison et le ressenti en lui rajoutant un ingrédient supplémentaire :  la « prise de hauteur ». Cette voie pourra peut-être vous paraître quelque peu farfelue ou ésotérique mais je vous invite tout de même à ne pas la rejeter tout de suite ; car elle me semble être particulièrement intéressante dans des situations où les appuis sur lesquels nous avons bâti nos vies se fragilisent (refus répétés dans vos offres d’emploi, ré-organisation, licenciement, accident grave, rupture technologique, enfants qui partent de la maison, divorce, etc.). Dans ces contextes, la question de votre « utilité » devient délicate, que vous le perceviez consciemment ou non.


Dans les situations décrites ci-dessus, j’ai observé et expérimenté que reproduire une même manière de penser ou d’agir ne fonctionne que rarement ! La solution la meilleure que j’ai trouvé jusqu’ici consiste à m’appuyer sur ce qui constitue mon essence, sur mes valeurs profondes puis à m’atteler à garder mon focus sur le fait de ressentir le bien-être que cela me procure si je m’imagine vivre ces valeurs profondes. Alors, ne suis-je pas bien plus « utile » à toute la création qui m’entoure si je lui projette cette énergie ? En procédant ainsi, j’ai le pouvoir de laisser mon ego cesser de m’inventer des nécessités d’être reconnu, aimé, adulé ou important pour les autres ? N’est-ce pas un fondement de TOUTE la Nature qui nous entoure de ne donner que le meilleur de ce qu’elle a, dans un équilibre parfait (sans que nous ne comprenions ou connaissions totalement le « pourquoi » de cette création) ?

 

Quelques exemples me viennent à l’esprit pour illustrer mes propos :

  • Cet ami qui a eu un grave accident et qui, pour l’instant, ne peut plus exercer son métier, devra certainement se raccrocher à ce qui le définit, bien au-delà de ses compétences et de son titre antérieur : il gagnera certainement à re-sentir ce qui a traversé sa Vie en termes de « manière d’être » pour pouvoir créer un futur complètement différent mais basé sur les richesses qui le composent.
  • Cette personne surqualifiée et qui ne trouve pas de travail aura peut-être intérêt à partir de ce qu’elle peut projeter comme qualités sur les autres à partir des expériences antérieures pour rebondir dans un autre domaine ? et sans vouloir absolument aspirer au même type de travail qui continue à ne pas se présenter à elle ?
  • Cette autre personne qui, en réponse à la pression d’objectifs chiffrés à fournir, travaille encore plus fort, appliquant sans cesse les mêmes recettes, sans s’interroger sur l’ « utilité » tant de sa manière d’agir que de ce qu’elle produit.
  • Cette personne qui a donné 20 ans de sa vie à son mari et à ses enfants, qui recherche du travail et essuie des refus « liés à son incompétence », n’aurait-elle pas avantage, plutôt que de projeter de la non-confiance en elle et de la frustration, à partir du ressenti de toutes ses expériences et richesses développées durant ce don d’elle-même, puis à se laisser inspirer des lettres de motivation basées sur le fait de pouvoir offrir aux clients de l’entreprise, ces qualités d’être ? Et donc de se sentir « utile » ?

 

 

Lorsque nous Utilisons nos Talents et forces avec l’Intelligence Liée à une Ecoute fine de nos ressentis, ne sommes-nous pas alors « utile » à l’ensemble de la création ? Ne sert-on pas alors l’Univers tout entier au-delà de tout ce que notre monde actuel veut nous faire croire ? ou nous faire faire ? en nous « obligeant » à « montrer », à « prouver » notre utilité ?


Savoir et sentir que projeter autour de nous une énergie perceptible de bien-être et de bienveillance, tant pour nous que pour notre entourage, n’est-ce pas une façon magique de percevoir notre « utilité » dans ce monde et pour l’ensemble de la création, bien au-delà de tous les indicateurs et autres démarches qui veulent mesurer notre « utilité » ? Ainsi qu’un merveilleux point de départ, voire une boussole, pour guider nos actes au quotidien ?

 

Comme mentionné, c’est un chemin que j’explore de plus en plus souvent avec beaucoup de bien-être. Peut-être l’avez-vous déjà parcouru ? Et que vous pouvez aider d’autres personnes à suivre ?

 

Si l’image et la musique facilitent l’intégration de ces mots ou la création d’un moment méditatif, je vous propose une chanson de Julien Clerc (« Utile »), proposée par une lectrice fidèle, mise en images sur le thème de la première neige en montagne : https://youtu.be/pILbvgJMrlA (ou https://vimeo.com/147218350 sur plate-forme mobiles).

 

Belle semaine !



[1] Je simplifie volontairement mon propos en le ciblant sur le fonctionnement principal que j’observe actuellement dans le monde qui m’entoure. Il est évident que bon nombre de personnes n’ont pas délaissé leurs mécanismes « tripaux » et l’utilisent à « bon escient » pour elles.

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