Le plus grand frein...

... à la coopération ?

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« Voir un homme tel qu’il est, c’est l’abaisser.

 

Le voir tel qu’il peut devenir, c’est l’élever »

 

Goethe

 

Plus j’avance en âge, plus je deviens conscient que la coopération est le mécanisme naturel qui régit toute création vivante. Notre environnement, notre corps, nos interactions, etc. ne sont-ils pas en perpétuelle recherche d’équilibre, cette homéostasie qui, en général, se produit par des mécanismes totalement mystérieux de coopération entre différents acteurs, souvent invisibles. Un des plus grands paradoxes de notre ère moderne me semble être le fait que cette mystérieuse intelligence agit quelles que soient nos manières d’être ; ainsi par exemple pour la Nature, que l’on laisse faire les choses, qu’on la maltraite, qu’on la soigne, qu’on l’exploite, qu’on la contrôle, etc., la Nature recherche son équilibre.

 

Dans ce billet, je vais évoquer quelques exemples de coopération puis détailler ce qui me semble être un frein majeur actuellement dans cet art naturel de coopérer, dans tous les secteurs de nos vies.

 

 

Pour commencer, et, pour que la suite de mon billet puisse vous toucher sur l’un ou l’autre secteur de vos chemins, il peut être judicieux de lister quelques exemples où cette coopération, lorsqu’elle est pleinement en action, amène des miracles ; et de se questionner sur notre vraie coopération :

 

  • Une collectivité (associative ou professionnelle) saine ne se bâtit-elle pas sur un désir fort de coopérer efficacement, chacun-e dans son rôle, pour les bienfaits de l’ensemble de la communauté ? Lorsque que chacun-e perd cette vision de l’intérêt collectif, notre intérêt personnel ne bloque-t-il pas l’apparition de cette Intelligence Collective qui peut conduire l’ensemble sur les chemins adaptés à son évolution ?
  • Avez-vous déjà expérimenté le fait que, en cas de maladie, si on laisse l’Intelligence du Corps agir, en interférant le moins possible avec elle, ce dernier recouvre la plupart du temps une santé parfaite. Mais, dans notre société actuelle, n’avons-nous pas pris l’habitude de ne pas laisser cette Intelligence œuvrer, principalement en nous gavant de médicaments ou en ne nous reposant pas suffisamment pour que cette Intelligence puisse œuvrer ?
  • Lorsque les membres d’une famille ou d’une communauté ne communiquent pas, laissent se bâtir des non-dits, prennent des décisions sans évaluer les conséquences sur l’ensemble ni confronter leurs idées ou projets, etc. favorisent-ils la création d’une alchimie coopérante qui peut  permettre à l’ensemble de se développer et, corollaire, à chacun-e de rayonner son meilleur ?
  • ...

Vous pouvez certainement trouver d’autres exemples où la coopération est pleinement vivante et d’autres où cette coopération fonctionne très mal.

 

 

Certaines personnes sont naturellement très à l’aise dans un mécanisme coopératif et d’autres semblent être incapables d’œuvrer, de leur plein gré, dans une telle dynamique. Les personnes hyper-sensibles semblent être plus à même de conduire des coopérations. Mais aussi à souffrir plus fortement lorsqu’une coopération ne fonctionne pas.

 

 

J’ai souvent observé, et je viens de l’expérimenter péniblement à mes dépens malgré le fait que je suis naturellement un leader coopérant, qu’un des freins majeurs à une vraie et saine coopération est le jugement. Ce jugement qui n’a rien à voir avec l’observation critique et factuelle d’un comportement ou d’une décision. Mais ce jugement qui est cette pensée, parole ou action qui condamne, qui réduit le jugé (soi-même ou une autre personne ou situation) dans une incapacité à donner vie à autre chose. Et qui, en même temps, enferme le jugeant dans une bulle fermée et hermétique, et l’enchaîne lourdement au jugé.

 

Les quelques questions suivantes peuvent aider à approfondir le thème du jugement :

 

  • Pouvez-vous aisément observer, entendre, ressentir combien ce jugement vous fait quitter l’instant présent en vous replongeant dans un vécu passé qui va confirmer et permettre d’étayer  le jugement que vous émettez ?
  • Pouvez-vous aisément observer, entendre, ressentir combien, si vous êtes l’accusé, vous allez souvent dépenser une quantité énorme d’énergie à vous défendre, vous expliquer, vous justifier, vous mentir, etc ?
  • Pouvez-vous également observer, entendre, sentir combien ces attitudes de jugement limitent le pouvoir créatif d’avancer ? Car elles vous enchainent dans un combat où il semblera avoir un vainqueur mais où, sur un plan coopératif, la création collective aura été lésée ?
  • Le jugement n’établit-il pas une relation « gagnant-perdant » entre celui qui a « raison » et celui qui « a tort » ? Dans une relation fermée et sans alternative. Et surtout tellement éloignée d’une dynamique « gagnant-gagnant » qui est la base de toute coopération solide ?
  • Avez-vous déjà pu expérimenter la différence entre juger (avec toute la condamnation associée) et dénoncer des faits (de manière à pouvoir trouver des solutions au-dessus d’éléments inconstestables pour toutes les parties) ?

 

 

Etes-vous une personne qui juge souvent ou constamment ? Vous-mêmes et les autres ? Pouvez-vous ressentir que, la plupart du temps qu’une coopération ne marche pas, vous vous sentez frustré-e, découragé-e, fatigué-e, las-se, tyrannisé-e, abattu-e, supérieur-e, arrogant-e, vainqueur, etc. ?

 

Si c’est le cas, peut-être que, cette semaine, pourriez-vous être pleinement attentif-ve aux moments où vous vous surprenez à juger (ou à être jugé-e), à ressentir et identifier les émotions associées puis à revenir simplement à la question suivante, développée dans mon dernier billet,

 

« Au service de qui/de quoi agissé-je en (me) jugeant ? » ou « Qu’est-ce que je veux vraiment en lieu et place de cet enchaînement ? »

 

 

 

Peut-être que, dans cet esprit de coopération naturelle, aurez-vous l’un ou l’autre apport à partager au groupe quant à des expériences de libération du jugement ?

 

 

Pour imager cette réflexion, je vous invite à voir et écouter pleinement cette création faite cet été : https://vimeo.com/185642577. « Quand on a que l’amour », pour s’éloigner de cette énergie de peur qui souvent initie le jugement  !

 

 

Belle semaine !

 

Jean-Pierre Rey, le 4 décembre 2016

 

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